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Janvier a toujours quelque chose de théâtral. Les portes s’ouvrent, les projets sortent de leur hibernation, chacun revient gonflé de bonnes intentions… et pendant quelques jours, tout le monde croit que cette année sera enfin celle des plans parfaitement tenus. On sourit, on hoche la tête, on laisse passer la vague des résolutions professionnelles comme celle des clubs de sport qui se remplissent avant de se vider. Et puis on retourne à la réalité, celle qui avance moins vite que les promesses de début de mois.

Le véritable redémarrage, lui, est plus subtil. Dans une DSI, il se reconnaît au bruit sourd des priorités qui se réveillent toutes en même temps. Les équipes reprennent leur tempo, les métiers poussent leurs urgences, les partenaires affinent leurs plannings, et les sujets qu’on pensait endormis reviennent frapper. Janvier met tout le monde en mouvement, parfois trop, parfois trop vite.

À ce moment-là, le rôle du DSI devient presque invisible. On observe les croisements, les collisions, les opportunités qui apparaissent dans les interstices. On voit ce qui peut tenir debout et ce qui risque déjà de vaciller. On sent les équipes encore un peu lourdes du sprint de fin d’année et pourtant prêtes à repartir. On parle moins, on écoute davantage, on laisse le paysage émerger avant d’écrire la moindre trajectoire.

Il y a toujours cette tentation de dire oui à tout ce qui arrive en janvier. L’euphorie du “nouveau départ”, la fraîcheur des budgets tout juste validés, la pression douce mais réelle des métiers qui veulent sécuriser leur place dans l’année. Pourtant, l’expérience impose autre chose : un tempo réfléchi. Un moment de décantation. Un tri patient entre ce qui est important, ce qui est urgent, et ce qui n’est ni l’un ni l’autre malgré le ton catégorique de l’email.

Janvier rappelle aussi qu’un système d’information est une mécanique vivante. Il réagit à la surcharge, il souffre quand on tire trop sur les mêmes personnes, il ralentit si on le nourrit mal. Les plannings ne font pas disparaître la fatigue. Les ambitions ne créent pas magiquement des compétences. La transformation avance au rythme de l’organisation, jamais à celui de nos espoirs. Et pourtant, il y a dans ce mois une forme d’énergie brute qui mérite d’être accueillie. On voit les équipes revenir avec des idées, des envies, parfois même un peu d’audace. On sent que les visions s’élargissent, que les projets mûrissent, que des passerelles inattendues peuvent se créer. Janvier ne récompense pas la vitesse ; il récompense la lucidité. Le discernement. Le courage de fixer des limites et la patience de tenir une ligne.

Les résolutions finiront comme elles finissent toujours. Mais ce qui reste, c’est l’élan. La possibilité de redessiner un cadre clair. Le moment idéal pour poser les fondations d’une année qui tiendra parce qu’elle aura été pensée sans se laisser hypnotiser par l’enthousiasme du départ.

Janvier rappelle que la DSI ne court pas. elle installe. Et cette installation, si elle est juste, fait tout le reste…

Bonne année!

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